Nantes : Mon 2ème marathon

Nantes : Mon 2ème marathon

Le 23 octobre 2016, je bouclais mon premier Marathon à Rennes en 4h31min28sec. A peine une semaine plus tard, je me lançais déjà le défi d’en refaire un 2ème et j’ai jeté mon dévolu sur celui de Nantes.

Je m’étais fixé comme objectif de gagner 15 minutes sur mon chrono et de le faire donc en 4h15. Le plan d’entraînement était prêt et j’avais même calé un petit trail avant de commencer ma préparation marathon histoire de garder le rythme. Mais j’avais surestimé mes capacités ! Trail et course à pied ce n’est pas du tout la même chose! Je me suis lancée dans des entraînements en pleine forêt, sur des sentiers bien trop vallonnés pour mes jambes habituées à courir le long du canal. J’en ai trop demandé d’un coup à mon corps et la punition a été sévère : Une inflammation du tenseur du fascia lata, le fameux syndrome de l’essuie glace que redoutent tant de coureurs.

Le médecin m’a prescrit des anti-inflammatoires et un mois de repos. Le stress est monté d’un cran car à l’issu de ce mois je devais commencer ma préparation de 12 semaines pour le marathon. Au bout de ces 4 semaines, j’ai repris par un footing tranquille. Mais j’ai couru à peine 3km avant de devoir arrêter à cause de ma douleur au genou. Retour chez le médecin, cette fois IRM qui confirme le diagnostic. Le tendon est calciné. Je dois passer la vitesse supérieure si je veux espérer m’aligner sur la ligne de départ du marathon.

Rendez-vous aussitôt chez mon kiné qui m’avait sauvé d’une contracture des soléaires à mon premier marathon. Il confirme le diagnostic et commence un traitement aux ondes de choc de mon tendon. Ça fait mal, mais je serre les dents. Il est confiant et me dit que je pourrais quand même courir mon marathon mais il me demande d’attendre encore 2 semaines avant de recourir. Je vois mon plan d’entraînement fondre comme la neige au soleil, je stresse ! J’avais prévu une préparation sur 12 semaines, désormais il ne m’en restait plus que 10. La reprise est laborieuse et la douleur me lance après chaque entraînement. Je perds encore 2 semaines dans le processus de guérison.

Je me résigne, l’objectif 4h15 ne sera pas possible à atteindre. Il ne me reste plus que 8 semaines d’entraînement. Les ondes de choc font leur effet et mon TFL s’attenue petit à petit, au bout de la 4ème séance, je peux déjà courir sans trop de douleurs. Ma préparation de 8 semaines s’est finalement réduite à 7 semaines. Avec tout ça forcément, j’ai énormément perdu en vitesse et endurance. Le seul objectif raisonnable que je pouvais donc me fixer était celui de finir mon marathon sous la barre des 5h. Ma condition physique ne me permettait pas d’espérer mieux.

Le 30 avril, je m’aligne sur la ligne de départ du Marathon de Nantes. Je sais que ça va être difficile. J’ai quand même fait un semi et une sortie de 27km durant ma préparation et ça me rassure. Mais je sais que ça va être long et que je vais avoir besoin d’un mental d’acier.

Effectivement dès le km 18 je commence à ressentir de la fatigue dans les jambes. Je passe le semi au bout de 2h22… dûr ! Sachant que mon record personnel est de 2h06. Mais bon, pas le temps de ressasser, je savais que j’avais beaucoup perdu en endurance. En revanche, une chose étrange m’arrive, j’ai trop trop faim ! Je m’arrête à chaque ravito pour manger 3 morceaux de pain d’épice, un quartier d’orange et de l’eau. Je visualise la plancha de bœuf qui m’attend à l’arrivée et je salive. Gourmande en tout circonstance.

Le marathon de Nantes est fait de plusieurs boucles, donc au km 23 je me fais dépasser par le meneur d’allure 3h15 et plein d’autres personnes par la suite. Coup dur pour le moral ! Il me reste quasiment la moitié de mon marathon à parcourir pendant que d’autres franchissent déjà le km 35. Je décide de me fixer des petits objectifs pour ne pas penser à la longue distance qui me reste. Donc je me concentre sur les ravitaillements qui deviennent mes objectifs d’étape. C’est plus facile pour moi mentalement de visualiser des petites distances.

Au km 24 mon genou commence à me faire des misères. Aïe aïe aïe, je panique un peu et les questions se bousculent dans ma tête. Est-ce qu’il va tenir jusqu’à la fin ? Est-ce que mon TFL est de retour ? Est-ce que je vais pouvoir courir jusqu’à la fin ou vais-je devoir finir en marchant ? Je serre les dents et j’essaye de ne pas y penser. La douleur va et revient, me laissant quelques instants de répit et me donnant l’espoir que c’est peut être juste passager.

Au km 28 je croise un ami venu m’encourager. Il court 300m à mes côtés pour m’accompagner jusqu’au ravitaillement. Ça fait du bien ! Et en même temps il me suit sans difficulté tellement j’avance comme une tortue. J’ai l’impression que mes genoux sont rouillés.

Je passe péniblement le km 32. J’ai mal au genou, je suis fatiguée et j’ai envie que ça se termine. Il me reste 1/4 de la course à faire.

Je passe le km 35 en 3h58, complètement lessivée, j’avance mais une torpeur incroyable s’est emparée de mon corps. Et à ce moment-là, la pluie qui nous avait épargné depuis le début se met à tomber. Au début de légères gouttes puis en 2 minutes elle se transforme en un déluge absolument terrible ! J’avais l’impression qu’on me vidait des sceaux d’eau sur la tête. Et comme si ça ne suffisait pas, le vent s’est déchaîné en même temps et la pluie s’est transformée en grêle. Le seul point positif dans ce moment de grande solitude c’est que ça m’a complètement réveillée. J’ai oublié fatigue et douleurs et je me suis tapé un grand sprint dans l’espoir que le chemin soit un peu couvert plus loin car là on était sur la grande place avec l’éléphant géant, complètement exposés à la nature qui se déchaînait contre nous. Je n’arrivais même plus à garder les yeux ouverts tellement la pluie était violente. Heureusement ça n’a duré que cinq minutes, mais qui m’ont paru être une éternité. Forcément après, dès que le vent soufflait, j’avais trop froid comme j’étais trempée de la tête aux pieds.

J’ai donc attaqué les 7 derniers kilomètres, qui sont pour moi, les plus difficiles de la course. Et en effet, j’ai mis une heure entière à les parcourir ! J’avais la tête complètement vide, je mettais un pied devant l’autre mais je ne savais même pas ce qui me faisait avancer. Je voyais plein de personnes marcher, s’arrêter avec des courbatures, et je me demandais quand ça allait être mon tour. Mais je tenais bon. J’avançais à l’allure d’un escargot certes, mais je m’interdisais de m’arrêter ou de marcher.

Honnêtement ces derniers kilomètres ont été trop difficiles. J’arrivais quand même à afficher un sourire en courant, car même si j’agonisais intérieurement, je savais que tirer la tronche n’allait pas m’aider à avancer. Un peu avant la fin du km 39 j’ai eu le droit à un message personnalisé de mon chéri sur écran géant. Ça m’a fait beaucoup de bien ! Super initiative de décathlon.

40ème kilomètre, 4h40 de course. Je n’en peux plus. Je n’arrive plus à me forcer à sourire. Je suis éreintée. Quelle idée de courir un marathon ? Et pour cause, j’ai mis 18 minutes pour parcourir ces derniers 2,195 km !!! Je franchis la ligne d’arrivée en 4h 58mn 14 sec, à peine sous la barre des 5h. J’en ai bavé mais le contrat est rempli.

Est-ce que j’ai envie de recommencer ? Ben oui, évidemment.  😛

Maintenant place au repos bien mérité avant d’attaquer de nouveaux défis. Mais une chose est sûre, je vais attaquer le travail de VMA pour gagner en vitesse car là j’ai trouvé le temps trop long. Mon objectif pour le marathon de Paris dans 1 an sera de le faire en 4h.

Et pour voir ma course en vidéo, ci-dessous le lien de la vidéo publiée sur ma chaîne YouTube !

Sur ce, à très vite pour de nouvelles aventures  😎

11 commentaires

  1. Bonjour Marwa,

    Ton article est vraiment très instructif, merci beaucoup ! J’ai eu exactement la même chose que toi au marathon de Paris. Les montées et les descentes sont très néfastes pour les genoux notamment. Au bout du 24ème km, j’ai eu le syndrome de l’essuie glace comme toi qui m’a fait ralentir tout le long de la deuxième partie de la course. Comment vas-tu faire pour que cette douleur ne revienne pas pour le prochain marathon de Paris par exemple? Surtout si tu veux le faire en 4 h !

    En tout cas, merci beaucoup et bravo pour ta performance sous un déluge en plus !

    Julie

    • Salut Julie ! La douleur que j’ai eue était un reste de mon TFL je pense. Je n’ai pas du tout ressenti de douleur depuis le marathon, mais en même temps je n’ai pas recouru (je compte y aller ce WE pour voir ce que ça donne). J’espère bien ne pas me traîner la douleur d’ici le marathon de Paris, ça serait bien trop long 😉 Si j’ai mal, j’irais direct chez le kiné c’est sûr et je ferais une bonne coupure.
      Et toi, quel est ton prochain objectif course ?

      • Hello Marwa,

        En fait, le syndrome de l’essuie glace disparaît en 24h/48H après la course, mais peut revenir après un effort prolongé.Je crois que je vais aller voir un kiné pour avoir des conseils. J’aimerai bien faire le marathon d’Annecy 2018 en 4h30. J’ai lu qu’il valait mieux faire un marathon par an afin que le corps se remette bien et attendre 42 jours pour reprendre la course après chaque marathon…Après, chacun fait comme il le sent en fonction de sa condition physique. 🙂
        Pour le marathon de Paris, tu vas te régaler : On ne s’ennuie jamais du paysage ! Le parcours est plat ! Il y a juste 2 / 3 petites montées et descentes ( c’est là que je me suis fait mon TFL, à la première petite pente vers la seine).

        Voilà ! En tout cas, encore bravo ! Si tu as le temps dans l’année, je veux bien avoir ton régime alimentaire de marathonienne pendant les 12 semaines de préparation, quand tu auras le temps !

        A bientôt !

        Julie

        • Avec mon TFL, en général la douleur apparaissait 24h après et restait pendant 48h, la pour le moment RAS, je touche du bois. Pour ma part après chaque marathon je fais une coupure de course à pied de 2 semaines, puis je reprends la 3eme semaine tranquillou. J’ai demandé à plein d’experts de la CàP et à priori ça serait la moyenne pour le repos 😀 Mais comme tu dis, chacun fait selon son ressenti.
          Pas de problème pour l’alimentation, je vais carrément faire un article là dessus tiens 😀

          • Merci beaucoup Marwa ! Je vais aussi tester ta recette de muesli pour le petit dej ! Et encore merci pour tous tes conseils ! Je les trouve très pertinents ! Bon week-end ! Julie

          • C’est moi qui te remercie pour tes gentils mots 🙂
            Moi ça me fait plaisir de partager mon expérience, ce blog est là pour ça et il vit grâce aux personnes comme toi qui interagissent 🙂
            Bon week-end !

  2. Bravo ! J’ai fini de lire ton article essoufflée, je crois que je faisais le marathon avec toi 😉
    Bon après midi, bises.

    • Bravo d’être arrivée au bout de ce marathon de lecture ehehe, j’avoue j’ai eu la main lourde sur le clavier lol
      Bises ma Carole 🙂

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